4 e jour.

Ce matin-là, une brume accompagnée de sa pluie légère vient recouvrir le pied des montagnes. Cela faisait longtemps, c’est le temps typique de la région. Après la chaleur d’hier, ce temps brumeux en est presque agréable. L’atmosphère est calme hormis les voix du groupe de randonneurs qui se préparent à partir. Cette bande d’amis fort sympathique entament leur dernière journée après 7 jours de marche, et ils en sont bien contents, pour nous ce n’est pas encore fini nous partons en direction de Saint-Engrâce avec pour objectif final: Etsaut.

Il semblerait qu’il y ait deux itinéraires possibles pour l’arrivée à Saint-Engrâce, mais le chemin balisé nous propose de passer par le passerelle d’Holzarté, lieu assez connu dans le coin et plus tard nous comprendrons bien pourquoi .

Pont près du Logibar, GR10

Le chemin monte progressivement en longeant la rivière des gorges d’Olhadubi. Cette endroit est envoûtant, tout semble calme.

Malgré que la montée soit aménagé en prenant des airs d’escalier, la nature reprend ses droits et les racines d’arbre viennent prendre vie sur le chemin comme nous indiquer la direction (ou nous empêcher de passer, qui sait).

Racine rampante, GR10

Arrivée au point culminant, l’on se sent malgré tout petit face à l’immensité qu’offrent les gorges, de l’autre côté, à quelques pas, le vide. Le son de la rivière qui, jusqu’à présent nous accompagné le long du chemin,  résonne maintenant comme un lointain murmure.

Après 1h de marche l’on aperçoit la passerelle, celle-ci traversant ce vide immense pour mener à l’autre pan de montagne, c’est impressionnant !

La passerelle d'Holzarté, GR10, Pays Basque

La passerelle d'Holzarté, GR10, Pays Basque

La passerelle d'Holzarté, GR10, Pays Basque

Rouge gorge

La route continue en forêt et plus loin sur une piste forestière, pas de difficulté particulière à part ces maudits taons qui viennent nous piquer les jambes.

Source d'Holzarté, GR10, Pays Basque

Chardon bleu des montagnes

L’itinéraire nous fait douter, et semble n’avoir ni queue ni tête, arrivée au bout de la piste nous repassons un petit pont pour atterrir de l’autre côté des gorges que nous rallongeons sur plusieurs kilomètres avant de remonter sur une piste forestière. La brume est de plus en plus présente, et nous atteignons Cayolar d’Abrrakia. Sur la carte ce passage est indiqué comme non balisé, et nous nous perdons au milieu de ce qui semble être nul part. Le temps c’est arrêté, c’est fou comme ne rien voir nous déstabilise, mais intérieurement cela nous fait sourire, car ce sont les aléas de la randonnée. Au loin, nous entendons des voix et apercevront deux ombres, c’est un couple de randonneur qui ne semble pas savoir plus que nous s’orienter. Nous cherchons pendant plusieurs minutes la trace d’une balise. Et nous la trouvons enfin (il faut longer le chemin jusqu’à une cabane avant de la contourner).

Nous faisons la connaissance de ce couple et profitons pour marcher ensemble.

Papillon

Le chemin ne semble pas se dégager, marcher dans le brouillard rend le chemin monotone et le temps semble long (marcher sur la piste forestière n’aide pas). En descendant nous apercevons les gorges de Kakoueta ce qui semble faire barrière au nuage puisque la brume se dégage peu à peu.

Gorge de Kakoueta, GR10 Pays Basque

En se dissipant, le brouillard laisse place a des ombres dans le ciel : les rois et reines des montagnes sont là, l’on peut entendre le froissement de leur ailes et leurs cris qui annoncent sans doute la présence d’une récente mort animale , le vautour fauve.

Je ne les imaginais pas aussi grand…ces oiseaux sont gigantesques, leurs allures imposante nous laisse bouche bée, ils semblent danser dans le ciel. Nous croisons le groupe d’amis qui se sont arrêtés pour, comme nous, admirer ce tableau.

Vautour fauve

Vautour fauve

Gorge de Kakoueta, GR10 Pays Basque

Maintenant le chemin n’est plus que descente. En descendant nous nous arrêtons à une maison de fermier qui vend du fromage de brebis. Nous discutons avec cette charmante dame qui nous fait gouter deux fromages différents et nous offre même quelques bonbons.

Nous prenons maintenant la direction du Pont d’Enfer, où là, le chemin se termine par de la route. Finir la marche sur du béton n’est franchement pas agréable, surtout sur plus de 3km. En arrivant au village c’est un soulagement. Nous nous arrêtons au gîte d’étape juste en face de l’église qui fait aussi office de mini camping improvisé…

Nous prenons un verre au bar/gîte avec quelques randonneurs, l’on recroise le couple de ce matin,  le groupe d’amis, la voyageuse solitaire et un homme qui a parcouru la moitié du GR déjà et qui est sur le point de le terminer. Il y a ce côté de partage que j’apprécie énormément cela rend le voyage un peu plus enrichissant, il n’y a pas besoin d’aller loin pour partager quelque chose. D’ailleurs après discutions nous décidons de raccourcir notre journée de demain, nous nous arrêterons à l’Arrête la Pierre St Martin au lieu de Lescun (ce qui aurait fait une sacrée journée encore une fois, plus de 8h de marche que je me sentais pas capable d’enchainer).

Après avoir mangé notre soupe chinoise et ses nouilles nous nous dépêchons dans nos tentes, la pluie est arrivée.

 


Informations pratiques

  • Randonnée : ≈25km
  • Dénivelé positif : ≈1200D+ /≈950D-
  • Note : Le gîte d’étape peut aussi faire office de camping, mais est relativement cher (la nuit la plus cher que l’on a faite en terme de « camping ») compter 9€ / personne.