Dernière course de préparation pour la semaine chamoniarde, le Vignemale ou plus précisément la pique Longue, est le plus haut sommet des Pyrénées françaises, d’une hauteur de 3298m. Etant moins pressé par le temps, nous avons optés (bon j’ai fortement proposé), la réalisation de l’arête petit Vignemale – Pique Longue, ce qui permet de faire une belle course d’altitude.

Rendez-vous en toute tranquillité samedi matin à la maison, on en profite pour déjeuner, Anthony à amener les viennoiseries et du bon pain. Ah oui, nous sommes trois sur cette sortie, Jérôme et les traditionnels Anthony. Le déjeuner terminé, nous partons en direction du barrage d’Ossoue, soit 4h de route environ (pas d’autoroute).

C'est parti pour le refuge de Bayssellance

C’est parti pour le refuge de Bayssellance

Nous nous arrêtons 2km avant le barrage, le chemin n’est pas au top et Jérôme ne souhaite pas prendre de risque sur sa voiture. Nous en profitons pour manger un morceau, ce qui fait un peu de poids en moins à porter ! Puis direction le refuge de Bayssellance, qui est le plus haut et le plus ancien des refuges pyrénéens gardés.
Nous partons de la voiture vers 14h.

Le barrage d'Ossoue

Le barrage d’Ossoue

La marche jusqu’au refuge est très logique et bien balisée. La première partie est très roulante, la pente étant faible, nous avançons rapidement.

La vue après une bonne heure de marche

La vue après une bonne heure de marche

Nous traversons plusieurs petits névés, sur lesquels les brebis recherchent un peu de fraicheur ! C’est aussi l’occasion de voir les cascades en eau, les températures actuelles augmentent considérablement la vitesse de fonte.

Une cascade sur le chemin

Une cascade sur le chemin

Les moutons cherchent de la fraicheur

Les brebis cherchent de la fraicheur

La montée au refuge est vraiment tranquille pour les deux Anthony, nous commençons à avoir l’habitude, par contre Jérôme prends un peu plus de temps, il va à son rythme, la chaleur ne doit vraiment pas l’aider. Puis, Monsieur est contre les poches à eau, par conséquent à chaque envie de boire il doit s’arrêter, enlever le sac, retirer les vêtements de son armoire qu’il a mis dans son sac, boire, remettre les vêtements, remettre le sac et repartir !

D'autres cascades le long du sentier

D’autres cascades le long du sentier

Nous passons les grottes creusées dans la pierre, et quand on voit le résultat, les anciens se sont vraiment cassés la tête à les faire.
Rapidement après les grottes, nous voyons le panneau indiquant le refuge à 30 minutes. Après deux trois lacets, le chemin se sépare en deux, en continuant tout droit on part vers le refuge en partant sur la gauche vers le Vignemale.

L'intérieur d'une grotte

L’intérieur d’une grotte

Gavarnie vu d'une grotte

Gavarnie vu d’une grotte

Et c’est 3h20 après le départ de la voiture que nous arrivons au refuge, il y a déjà pas mal de monde, il affiche complet, même plus. Nombre de personnes n’ont pas réservés, ce qui est très bête, surtout lorsqu’on a des enfants. Heureusement, le personnel du refuge met tout en œuvre pour remédier à la situation en proposant tentes, matelas et duvets.

Le refuge de Bayssellance

Le refuge de Bayssellance

Le repas est prévu à 19h. Anthony en profite pour former Jérôme à la marche en crampons et l’arrêt piolet en cas de glisse dans une pente de neige. Ce sont des exercices à réaliser, ils sont importants pour la sécurité d’un groupe ! Ils reviennent au gîte un peu avant le repas, ce qui nous permet de boire les bières fraiches (après les avoir refroidies dans une source d’eau) que Jérôme a amoureusement portées au refuge accompagnée de cacahuètes. Elle n’est pas belle la vie ?

Le coucher du soleil depuis Bayssellance

Le coucher du soleil depuis Bayssellance

Le repas est typique d’un refuge, soupe, pâtes avec viande, fromage et petite tartelette au chocolat. Par contre avec le monde présent, c’est un sacré vacarme, on ne s’entends pas. Après le repas, nous sortons profiter de l’air frais et du coucher de soleil.

Le Vignemale depuis le refuge au matin

Le Vignemale depuis le refuge au matin

Après une nuit agitée (et intense pour certains…), le réveil sonne à 5h20, nous nous préparons, puis nous descendons déjeuner pour ensuite partir du refuge à 6h10. Nous atteignons le premier objectif du jour, le petit Vignemale à 7h10, il fait frais, c’est agréable de progresser.

L'arête Petit Vignemale - Vignemale

L’arête Petit Vignemale – Vignemale

Nous nous équipons pour réaliser l’arête rocheuse. La première partie n’est pas difficile mais expo si on respecte l’itinéraire, il est possible de la contourner par la droite. Je passe en premier pour mettre des points d’assurage en cas de chute du dernier. Jérôme passe en second et Anthony ferme la marche.

La première désescalade de l'arête

La première désescalade de l’arête

La première désescalade réalisée, nous continuons sur l’arrête menant au col des Glaciers. C’est assez rectiligne au début.

Une petite désescalade tranquille

Une petite désescalade tranquille

L’arrête présente ensuite une partie de désescalade, on arrive à un relais sur sangle qu’on peut utiliser pour réaliser un rappel d’une quinzaine de mètres nous déposant sur le col.

La seconde désescalade réalisée via un rappel

La seconde désescalade réalisée via un rappel

Nous progressons vers l’antécime et la pointe Chaussenque, qui de loin peuvent paraître très impressionnants.

La suite de l'arête menant au col des glaciers

La suite de l’arête menant au col des glacier

L’ascension de l’antécime est très simple, elle ne présente aucune difficulté. Cependant, il est nécessaire de bien rester sur la gauche de l’arête et de mettre quelques points de protections en cas de chute. N’oublions pas que la plupart des chutes mortelles sont réalisées dans des passages sans grande difficultés.

Jérôme et Anthony en plein câlin dans l'antécime

Jérôme et Anthony en plein câlin dans l’antécime

Nous atteignons l’antécime à 9h40, nous prenons une petite pause, mettons de la crème solaire et définissons ensemble la suite. Nous optons pour réaliser la pointe Chaussenque, son ascension est très rapide. Nous aidons une femme en difficulté, elle est montée sans aucun matériel et la peur l’envahie, mais quelle idée !!
La descente de la pointe Chaussenque est simple mais à chier ! Toutes les prises sont branlantes, le rocher est pourri. Je ne le referais pas et conseil à tout le monde de rejoindre le glacier un peu avant. La suite ne vaut pas la peine et les possibilités de protections peu nombreuses.

Descente de la pointe Chaussenque

Descente de la pointe Chausenque

Nous arrivons sur le glacier, de là on chausse les crampons et direction le Vignemale pour l’assaut final. En moins de 30 minutes on atteint le bas de la paroi du Vignemale. Du monde est présent en bas, mais très peu en haut ou dans la voie. La dernière partie du Vignemale est exposé, il ne faut pas tomber, et nécessite de mettre les mains avec de nombreux passages d’escalade.

En haut du Vignemale

En haut du Vignemale

Le sommet du Vignemale est atteint à 13h10, soit 7h après le départ du refuge. Nous avons perdu trop de temps avec la descente de la pointe Chaussenque, mais je souhaitais sécuriser les passages même si c’est facile.
Nous profitons de la vue que nous offre le sommet, nous mangeons puis redescendons vers 14h, une longue descente nous attend. Il faut redescendre la paroi du Vignemale jusqu’au glacier, autant vous dire qu’il est plus qu’important d’assurer les appuis au risque de tomber jusqu’en bas.

Sur le glacier lors de la descente

Sur le glacier lors de la descente

En moins de trente minutes nous sommes en bas, nous chaussons de nouveaux les crampons et fonçons à toute vitesse dans la neige, la descente est très rapide. On suit le glacier jusqu’en bas en conservant le petit Vignemale sur notre gauche. A la fin du glacier, on aperçoit très nettement le sentier.

La fin du glacier où l'on aperçoit le sentier

La fin du glacier où l’on aperçoit le sentier

On rejoint le sentier nous menant au chemin emprunté la veille pour monter au refuge. La suite est très simple, il suffit de redescendre par le même sentier qu’à la montée jusqu’à la voiture que nous atteignons à 18h00. Quelle longue journée, nous avons tous adorés malgré la fatigue pour notre beau Jérôme, mais il a réalisé son Vignemale !

Le sentier de la veille en revenant du Vignemale

Le sentier de la veille en revenant du Vignemale

Informations techniques :
•  Dénivelé positif / négatif => 1700m / 1700m
• Altitude minimale / maximale => 1700m / 3298m
• Distance => ~15km
• Crampons \ Piolet \ Corde \ Baudrier \ Equipement TA
• Point de départ / arrivé => Barrage d’Ossoue / Barrage d’Ossoue